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Parution : n° du Bulletin de l’Association de Géographes Français

Les mémoires comme ressources et enjeux.
Dimensions spatiales, politiques et sociales
Memories as resources and stakes.
Spatial, political and social dimensions
Nouveau numéro du Bulletin de l’Association de Géographes Français (N°97, vol. 3) sous la direction de Dominique Chevalier
 
Résumé

Le registre mémoriel occupe désormais une place conséquente dans le monde académique des sciences humaines et sociales. La multiplicité des travaux consacrés à l’importance accordée aux mémoires a d’ailleurs conduit certains auteurs à utiliser le terme de Memory boom pour évoquer ce foisonnement [Winter 2001, Berliner 2005, Arnold-de-Simine 2013]. Quand bien même elles évoqueraient un objet unique, les mémoires restent plurielles. Les mémoires en soi n’existent pas, il faut des individus, des entrepreneurs de mémoires pour les faire advenir…
La thématique de la séance de l’Association de Géographes Français (AGF), organisée le 12 octobre 2019 a cherché à travers une diversité de thématiques, d’expériences et d’appartenances disciplinaires, à explorer plus avant cette thématique mémorielle.

Reprenons rapidement les termes de l’intitulé de la journée pour présenter ce dossier.
Le titre invite tout d’abord à considérer les mémoires comme des ressources, au pluriel. Ces ressources peuvent être économiques, au sens de « faire ressource de quelque chose » et donc d’en « tirer parti pécuniairement ». Indubitablement, les mémoires représentent une rente, à la fois économique, idéologique et collective. Le tourisme mémoriel constitue une preuve éclatante. Mais il serait inexact et imparfait de ne considérer que cette dimension économique. Les mémoires dessinent également des ressources symboliques lorsqu’elles touchent aux notions d’appartenances et d’appropriation de l’espace et des ressources linguistiques quand, par le truchement de la langue et des procédés littéraires, elles permettent l’expression de toutes sortes de pensées, de souvenirs, de représentations…
Les mémoires représentent également des enjeux. Envisager ce qui peut être gagné permet aussi de prendre en compte ce qui peut être perdu. Il semblerait d’ailleurs qu’il faille souvent penser le terme « mémoire » en miroir d’autres termes et, de ce point de vue, la constitution des binômes « mémoire/oubli », « mémoires collectives/mémoires individuelles », « usages et mésusages de la mémoire » s’impose régulièrement.
Les dimensions, spatiales, politiques et sociales des mémoires sont au cœur de ce dossier. Ainsi que Maurice Halbwachs l’a écrit dans le chapitre consacré à « La mémoire collective et l’espace », le lieu occupé par un groupe n’est pas comme un tableau noir sur lequel on écrit puis on efface des chiffres et des figures.

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Commerces éthniques ou informels : freins ou accélérateurs de gentrification ?

Vendredi 20 novembre 2020, 10h-12h30

Séance organisée par Dominique Chevalier
(MCF-HDR Université Lyon INSPE / UMR EVS)

En raison des conditions sanitaires actuelles, cette séance aura lieu en distanciel. Merci de vous inscrire par mail (dominique.chevalier@univ-lyon1.fr) pour recevoir les informations donnant accès à la séance.

Cette nouvelle séance de l’atelier 6 propose un tour d’horizon autour de la thématique des commerces ethniques comme possiblement marqueurs ou vecteurs de changements sociaux. Trois communications aborderont ces questions, en interrogeant notamment la question de leurs effets socio-spatiaux dans les quartiers populaires ou péricentraux. Dans quelles mesures accompagnent-ils, ou au contraire freinent-ils, le processus de gentrification ?

De l’Afrique centrale à Villeurbanne : le commerce comme objet de recherche

par Karine Bennafla (EVS Lyon)

Cette communication reviendra sur la façon dont le thème du commerce a été abordé sur différents terrains avec des problématiques variées selon les lieux et les époques. La pertinence de la catégorisation « commerce ethnique » sera interrogée sur ces différents terrains. En Afrique subsaharienne, l’analyse de l’effervescence commerciale (largement “informelle”) aux frontières du Cameroun (années 1990) a permis de remettre en cause le discours de désintégration des territoires nationaux ; au Liban, le lien entre guerre et commerce a été souligné avec l’essor de la place commerciale de Chtaura dans la Békaa durant la guerre civile (années 2000). Au Maroc, deux centralités marchandes urbaines à Salé ont focalisé l’attention après 2011 en explorant leurs conditions d’émergence, la mobilisation des commerçants et le rôle moteur de ces marchés dans la structuration urbaine : le “marché bidonvillois” de Souq el-kelb menacé par un projet de rénovation urbaine et un marché aux tissus attenant Souq toub. Le nouveau projet de recherche sur les commerces populaires à Villeurbanne sera présenté.

Petit commerce urbain, minorités, altérités

par Lucine Endelstein, (LISST Toulouse)

Le petit commerce tenu par des immigrés ou descendants d’immigrés dans certaines rues ou certains quartiers des grandes villes sont emblématiques des effets de la mondialisation migratoire sur les métropoles. A partir de la présentation de l’ouvrage « Le petit commerce dans la ville-monde » (sous la direction de A. Fleury, M. Delage, L. Endelstein, H. Dubucs, S. Weber, L’Oeil d’Or, 2020) il s’agira de montrer comment le petit commerce apparaît à la fois comme un révélateur et comme un acteur des changements qui traversent la métropole parisienne et de grandes villes françaises de plus en plus ouvertes sur le monde. 

Mémoires sociales, adaptations et rétractations du tissu commercial à la Guillotière

par Thomas Zanetti, François Duchêne et Dominique Chevalier (EVS Lyon)

Quartier lyonnais populaire de centre-ville, La Guillotière accueille depuis plus d’un siècle les vagues migratoires de la ville. Aujourd’hui, son peuplement connaît une gentrification, tandis que ses rues restent un important espace de déambulation populaire. Dans ce contexte de transformations urbaine et sociale, on peut s’interroger sur le positionnement des commerces, pris entre une clientèle populaire de déambulation et une autre plus riche demeurant sur place.


Crédits photographiques : La Guillotière, Lyon, François Duchêne 

Parution : Mixité sociale, et après ?

Mixité sociale, et après ?

Éric Charmes & Marie-Hélène Bacqué

http://www.laviedesidees.fr/Mixite-sociale-et-apres.html

Les « ghettos » sont opposés à un idéal de mixité sociale. Mais celle-ci peut servir des valeurs et des intérêts très divers. Un nouvel ouvrage de la Vie des idées-Puf discute les notions de gentrification, de périurbanisation et de ségrégation.

Au cœur des débats publics actuels sur les modalités d’existence et de fonctionnement d’une communauté de citoyens se trouvent les questions urbaine et territoriale. Les « ghettos » sont ainsi opposés à un idéal de mixité sociale. Mais le succès des discours en faveur de cet idéal occulte le fait que la mixité peut servir des valeurs et des intérêts très divers.

Cet ouvrage souligne la complexité des processus en cause et déconstruit plusieurs idées reçues. Il éclaire les enjeux de la ville d’aujourd’hui pour dépasser la binarité de façade entre un « apartheid » dont on connaît les méfaits et des politiques de mixité sociale dont on surestime les avantages. En s’appuyant sur les recherches urbaines les plus récentes, les auteurs discutent les effets de dynamiques actuelles telles que la gentrification, la périurbanisation ou la ségrégation.

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