La constitution des géographies sexuelles à Tanger

Mercredi 20 janvier 2020, 10h-12h

En raison des conditions sanitaires actuelles, cette séance aura lieu en distanciel. (Toutes les informations sont à la fin de cette annonce)

 La constitution des géographies sexuelles à Tanger. Approche socio-historique

Séance organisée par Karine Bennafla, Dominique Chevalier, Judicaëlle Dietrich (UMR EVS) et les étudiant·e·s du Master MEMED (Mondes émergents Mondes en développement) de Lyon-3.

Meriam Cheikh (MCF en anthropologie, INALCO, Paris) présentera son livre Les filles qui sortent – Jeunesse, sexualité et prostitution au Maroc, Université de Bruxelles, 2020

Au Maroc, l’expression « filles qui sortent » désigne celles qui se prostituent. Des délires adolescents à la professionnalisation, Les Filles qui sortent analyse la quête de respectabilité de ces jeunes femmes qui se heurtent à un ordre social autant que moral. Au Maroc, l’expression « filles qui sortent » désigne celles qui fréquentent les night-clubs et les bars la nuit pour gagner leur vie. Au-delà du fait prostitutionnel, le « sortir » renvoie aussi plus largement aux distances qu’une partie de la jeunesse féminine des classes populaires prend avec les normes, la moralité et la respectabilité. Loin d’être confiné à la marginalité, le sortir joue sa partition dans les métamorphoses de l’ordre sexuel et intime dans un contexte d’essor de l’économie du divertissement et d’accroissement des inégalités. Y émergent de nouvelles valeurs qui remettent en cause les régimes moraux et juridiques tout en réaffirmant l’ordre hétérosexuel. Cohabitant avec une dizaine de jeunes femmes engagées dans le sortir à Tanger, Mériam Cheikh a mené une ethnographie longitudinale sur sept ans. À l’intersection de la génération, du sexe et de la classe, elle analyse des trajectoires où se succèdent socialisations familiale et scolaire, élaboration de la sexualité et insertions professionnelle et matrimoniale. Les Filles qui sortent. Jeunesse, sexualité et prostitution au Maroc revient sur l’expérience dans le sortir, de l’engagement au désengagement, croisant anthropologie urbaine, anthropologie économique et anthropologie du droit.


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
mariehoffner (13 janvier 2021). La constitution des géographies sexuelles à Tanger. Carnet de recherche de l'atelier « Faire territoire, faire société ». Consulté le 16 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/d2ci


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