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La ville à travers la fenêtre, vieillir et vivre l’urbain

6 avril 2021, 12h-13h45 

La séance de séminaire coorganisée par le Studio « Expériences sensibles & recherches urbaines » du LabEx IMU, et l’atelier « Faire territoire, faire société » du laboratoire EVS UMR 5600 et par l’École urbaine de Lyon vise à travailler à partir d’un court-métrage ethnographique en cours de construction, constitué avec des matériaux audiovisuels issus du terrain de recherche en cours en Colombie.

(Perce)voir le film ethnographique
La ville à travers la fenêtre, vieillir et vivre l’urbain

par Guillaume Matuzesky

Guillaume Matuzesky a vécu en immersion dans une maison familiale bogotaine du quartier Panamericano où cohabitent trois générations (nonagénaire, sexagénaires et trentenaires), interrogeant par-là les activités et l’inactivité lors du processus de vieillissement, les pratiques de soin au sein de la famille et le vécu spatial dans cette période de la vie, selon différentes situations sociales, générationnelles et de genre.

Cette séance de séminaire poursuit un double objectif.

Dans le cadre du cycle de séminaires du studio « Expériences sensibles & recherches urbaines » d’IMU, une première partie du séminaire est consacrée à un travail collaboratif autour de la question : « Qu’est-ce que j’ai vu en regardant le court-métrage ? ». Nous faisons en effet l’hypothèse que ce que chacune et chacun des participant.es va (perce)voir sera sensiblement différent. Cette expérience vise alors à interroger la vue et son caractère socialisé (skilled vision), nous permettant ensuite, en élargissant depuis l’expérience de visionnage vers les expériences quotidiennes, de réfléchir sur nos vécus et perceptions sensibles de l’urbain.

Ce travail commun sera poursuivi par une communication sur les sens et la ville dans le film (faire territoire) et sur la question du soin et du prendre soin dans les dynamiques sociales et intergénérationnelles (faire société).

Guillaume Matuzesky est doctorant en socio-anthropologie et en géographie à l’Université Lyon 2 (UMR 5600 Environnement Ville Société, associé au LabEx IMU), membre associé à l’Université nationale de Colombie (Centre d’études sociales) et participant au collectif des doctorant.es de l’École urbaine de Lyon. Sa thèse en cours de préparation s’intitule « Vieillir et travailler. Mobilités, activités et expériences du vieillissement à Bogota, Colombie ». Il est enseignant-vacataire au Département d’anthropologie de l’Université Lyon2, au Département de géographie de l’Université Lyon3 et au Collège des humanités et sciences sociales de l’Université Lyon1.

Le court-métrage ethnographique en cours de réalisation bénéficie d’un soutien important de l’Institut Convergence – École urbaine de Lyon.

La saveur scientifique et sensible des odeurs

Les deux premières séances du séminaire du studio IMU Expériences sensibles & recherches urbaines sont consacrées à la thématique des odeurs et croiseront les approches de chercheurs et chercheuses émanant de disciplines différentes.

2 séances sont programmées : le 29 mars et le 1er avril 2021

« Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers »

— « Parfum exotique », Charles Baudelaire

À l’origine de toute perception olfactive, il existe une molécule suffisamment volatile pour voyager dans l’air et suffisamment hydrophile pour pénétrer dans le mucus de notre cavité nasale. Les odeurs inspirent des approches scientifiques et artistiques diverses : chimiques, historiques, sociales, culturelles, anthropologiques, romanesques…

Tout le monde n’est pas Jean-Baptiste Grenouille, célèbre et sulfureux personnage du roman du Parfum (1985) de Patrick Süskind, qui découvre les pouvoirs de son nez très fin. Il arrive à décomposer toutes les odeurs et connaît ainsi parfaitement, entre autres, les odeurs de Paris. Les odeurs s’ancrent dans une histoire et des espaces singuliers. Dans Le miasme et la jonquille (1982), Alain Corbin montre combien, à partir de 1750, en Occident, la proximité de l’ordure et de l’excrément devient répulsive. Débute alors l’entreprise de désodorisation et l’intolérance vis-à-vis de la promiscuité.

La pandémie du Covid remet aujourd’hui sur le devant de la scène quotidienne le pouvoir des odeurs, notamment à travers la notion de perte. L’anosmie, soit la perte d’odorat (avec la perte de goût) représente en effet l’un des symptômes caractéristiques d’une infection au Covid-19, tout comme la fantosmie (hallucination olfactive) qui s’ensuit. Ce chamboulement sensoriel, courant dans les maladies respiratoires, est désormais partagé en grand nombre. Si perdre l’odorat complique le quotidien, respirer en permanence des effluves désagréable le perturbe tout autant. Par exemple, afin d’aider les futurs astronautes à s’habituer aux relents de l’environnement extra-atmosphérique, la NASA a demandé à un chimiste de reproduire l’odeur de la station spatiale Mir, sorte de mélange de « steak brûlé », « métal chaud » ou « émanation de soudure »…

Séance du 29 mars de 12h15 à 14h00

  • « Luttez contre ces odeurs que je ne saurais sentir » : puanteurs urbaines de l’âge industriel (XIXe-XXe siècles) par Stéphane Frioux (LARHRA)
  • « Ce que le nez dit au cerveau » par Catherine Rouby (Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon)

Séance du 1er avril de 12h15 à 14h00

  • « Quel partage d’une expérience olfactive ? » avec Joël Candau (Laboratoire d’Anthropologie et de Psychologie Cognitives et Sociales (UPR 7278)
  • « L’habituation, un phénomène-clef pour la conception spatiolfactive » avec Suzel Balez (AAU Ambiances, Architectures, Urbanités UMR 1563)

Séminaire Incertitudes : Intelligences de la situation, intelligences pratiques

Nous vous convions à la prochaine séance du séminaire Incertitudes organisé par EVS-LAURe :

Mardi 9 mars 2021, 17h00 -19h30
en visioconférence

Cette séance cherchera des réponses à l’incertitude du côté des arts de composer avec la situation dans les domaines de l’expérimentation technique, des processus de création artistique ou du travail manuel. Nous nous intéresserons aux formes d’intelligence qui, sur la base de savoir-faire et de connaissances pratiques, mobilisent l’intuition, la perception sensible, les affects ou l’habileté. Deux intervenants viendront présenter leurs travaux : 

Le projet d’architecture peut-il être un outil de connaissance ?

par Stéphane Berthier (architecte, maître de conférences à l’ENSA de Versailles, laboratoire LéaV)

Les enfants de Dédale

par Thomas Golsenne (maître de conférences en histoire de l’art à l’Université de Lille, IRHIS-UMR 8529)


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