Expérience sensible & sciences humaines et sociales : comprendre, transmettre, créer
Ce colloque est organisé par
le studio Expériences sensibles & Recherches urbaines
13-14 mars 2024
Le Rize, Villeurbanne
Mercredi 13 mars 2024
9h30 : Dominique Chevalier & Danièle Méaux, introduction
Matin : Traces, paroles & récits (modération Laetitia Mongeard)
10h : Nathalie Audas, Université de Grenoble, « Restituer les expériences sensibles de mobilité des enfants. Proposition par le récit-fiction »
10h35 : Esther Chevreau Damour, Université Lyon 2, « Le Périgord limousin sous les étoiles »
11h10 : Pause
11h20 : Pauline Guinard, ENS Paris, « ‟Where is the Beach ?” ou l’art de ressentir la ville en transformation »
11h55 : Sébastien Jacquot, Université Paris 1 et Marie Morelle, Université Lyon 2, « Ce qui fait patrimoine à Yaoundé (Cameroun). Retour sur une démarche de recherche à l’intersection des arts et des sciences sociales »
Après-midi : Des sons & des images (modération Danièle Méaux)
14h15 : Rodolphe Olcèse, Université Saint-Etienne, « Une observation tâtonnante. Fonction révélatrice de l’expérience sensible dans le cinéma de Jonas Mekas »
14h50 : Olivier Bories, Université Toulouse 2, « L’esprit avec le cœur dans la caméra : faire des films des expériences sensibles »
15h25 : Pause
15h35 : Éloïse Bellet, Université Lyon 3, « Les perceptions des chants d’oiseaux en ville »
16h10 : Florie Bresteaux, Université de Genève, « Le GoPro Gaze pour saisir les corps, l’expérience sensible des situations de handicap in action »
Jeudi 14 mars 2024
Matin : Sensibilité & environnement (Modération Dominique Chevalier)
9h30 : Jean-Philippe Pierron, Université de Dijon, « L’insensibilité et l’indifférence écologique : des témoignages d’une crise de la sensibilité ? »
10h05 : Louis Dall’aglio, ENS Lyon, « Apprendre à voir petit ; la médiation instrumentale du regard géographique en situation interdisciplinaire »
10h40 : Pause
10h50 : Anaïs Marshall, Université de Toulouse 2 et Jean Larive, photographe : « D’entre deux eaux : un projet géo-photo-graphique »
11h25 : Danièle Méaux, Université de Saint-Étienne, « Sur les traces du Furan »
Après-midi : cartes & parcours (Modération Camille Scheffler)
14h : Audrey Tuaillon Demésy, Université de Franche-Comté, « Dessiner et raconter ‟35 ans de punkitude”. La transcription d’une expérience punk en territoire rural »
14h35 : Émeline Bailly, CSTB, « Les expériences des espaces de nature aux abords du périphérique nantais »
15h10 : Pause
15h20 : Oscar Barnay, ENSASE, « De l’expérience sensible à la fabrication des représentations »
15h55 : Jean-Yves Quay, ENSAL, « La démarche du corps comme détecteur de songes et de rêveries »
16h30 : Pause
16h45 : Julien Guinand, artiste, « Territoires altérés et récits sensibles : une exploration photographique »
Résumé
Cet événement proposera d’interroger la nature de l’expérience sensible, la manière dont elle peut être mobilisée au sein de la recherche en sciences humaines et sociales, et la façon dont les arts sont à même de la restituer afin de provoquer une réflexion sur le monde.
« L’expérience sensible » échappe à une définition facile, puisqu’elle ne se résume nullement à l’addition des impressions que procurent la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût ou encore le toucher : elle s’impose pour ainsi dire au sujet percevant avant toute forme d’analyse de la situation… et résiste ensuite à tout effort de transcription verbale. Récusant une approche dualiste, l’expérience sensible est vécue sur le mode d’un échange entre monde extérieur et monde intérieur ‒ entre lesquels une porosité s’instaure au point qu’une frontière peut malaisément être établie. L’histoire et la culture de chacun viennent également infléchir la nature de son approche sensible des situations. Ce qui relève de l’émotion et des sensations ne saurait par ailleurs être disjoint de ce qui touche à l’intellect : la dimension cognitive de l’expérience sensible a été longtemps sous-estimée, alors que cette dernière travaille en profondeur la compréhension du monde de chacun.
Depuis le début des années 2000, les questions relatives à l’expérience sensible occupent une place croissante au sein des recherches en sciences humaines et sociales, notamment dans le champ de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage. Cette préoccupation se développe parallèlement à la prise de conscience d’une crise tout à la fois sociétale, environnementale et politique qui pousse à un renouvellement des modes antérieurs d’investigation. Si la part de l’expérience sensible a été longtemps sous-évaluée, force est de constater qu’elle n’est nullement l’apanage des humains, mais concerne tous les vivants.
Penser en sciences humaines et sociales à partir de l’expérience sensible suppose le développement d’une interdisciplinarité radicale entre sciences de la vie et de la terre, sciences humaines et sociales et pratiques artistiques. Nombreux sont aujourd’hui les chercheurs qui œuvrent en ce sens, qu’ils étudient ces questions de manière théorique, qu’ils travaillent à un renouvellement méthodologique de leur discipline ou qu’ils s’inscrivent dans des démarches de création, en exploitant une diversité de médiums.
Ce colloque pluridisciplinaire ambitionne de questionner la place réservée à l’expérience sensible au sein des sciences humaines et sociales, les procédures employées par les chercheurs de ces disciplines pour la restituer ou pour l’analyser, ainsi que l’apport à la recherche qui peut être celui des artistes.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
floriebresteaux (7 décembre 2023). Colloque LabEx IMU : « Expérience sensible & sciences humaines et sociales : comprendre, transmettre, créer ». Carnet de recherche de l'atelier « Faire territoire, faire société ». Consulté le 14 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/d2er